26 mars 2008
vertige

"Le roc se dresse, imperturbable.
Insensible à l’agitation multicolore des voiles
qui tourbillonnent. Oiseaux de toiles, ailes ouvertes, ou suspendus à un fil, ils tournent, virevoltent, ensemencent le bleu du ciel d’un crépitement joyeux. Ils glissent en souplesse, tombent en silence puis aspirés par un courant propice, remontent en flèche. Papillons éphémères ou méduses célestes, ils planent au souffle léger du printemps ou dans l’air des soirs d’été.
Ev."
25 mars 2008
Les yeux d'ombre

"Je suis posé là sur les eaux. Condamné à voir l'endroit et l'envers de toutes choses. Infiniment.
A l'ombre de mes orbites de pierre, rien ne me fait ciller. Pas même le souffle du vent froissant par intermittence la surface liquide.
Au-dessus: la vie qui s'agite, s'affole, se prend au sérieux.
Au-dessous: le lent, le secret, la réalité opaque; celle qui sourd et ne se donne qu'à ceux qui, comme moi, ont les yeux rivés entre deux mondes, entre lumière et ténèbres, entre l'éther et les flots.
Infiniment.
*
* *
Ev."
Les sorcières des vieux moulins

"Accrochées à la voûte, des lianes s'enchevêtrent et se baignent dans les remous. Trempées aux murmures du ruisseau, elles tissent les secrets des jours anciens.
Quels invisibles doigts ont tressé les fils de ces chevelures sauvages?
Quelle nuit sans lune les a parées d'étoiles de feuillage?
A l'aube de quel printemps?
Les Vieux Moulins ont quitté le pont, mais sous l'arche et dans le creux des pierres, des esprits veillent. Ils fredonnent les antiques paroles et les chants de la poussière, du battement de l'eau et du frottement du bois.
Les moulins ont disparu, emportés par d'autres courants.
Le pont s'en souvient-il encore, lui qui porte toujours leurs noms?
* * *
Ev."
café noir

"La fin d'une nuit d'avril l'a rendue au noir du bitume. Bercée d'une tiédeur nouvelle, elle regagne son nid. Soudain, elle se retrouve à l'angle de la rue Custine, où ses pas s'emmêlèrent autrefois à d'autres pas.
Et là, éclatante dans la blancheur matinale, cette table… leur table!.
En un éclair lui revient le tintement de sa cuillère sur la tasse, son rire… sa voix encore rauque du matin. Et dans l'air, l'odeur de sa première cigarette! Elle ferme les yeux un instant pour en humer une volute… les rouvre. Il ne reste rien.
Rien qu'elle sur ce morceau de trottoir désert.
Figée par la fulgurance du souvenir.
*
* *
Ev."
24 mars 2008
Solar

Nymphéas 009

23 mars 2008
Nymphéus 006

dédicace

consentement



